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- Ce sujet contient 8 réponses, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par
Lancelot, le il y a 7 années et 3 mois.
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20 juin 2018 à 20h45 #127957
Lancelot
Participant_ Papa, le résultat de ton scanner abdominal n'est pas bon , le radiologue a détecté une très grosse tumeur sur le rein gauche et il est sûr à 90 %, qu'elle est cancéreuse.
J'ai cru en quelques instants que le ciel me tombait sur la tête. Certes, je me doutais que quelque chose n'allait pas.
Mais… , entendre résonner dans l'air surchauffé de cette belle journée d'août , cette nouvelle effroyable , que pourtant, j'avais déjà entendue une fois, en 2006 , à l'annonce du cancer du côlon de mon ex-femme… m'a fait d'un seul coup comprendre que la situation était grave .
Tout a commencé…
12 septembre 2018 à 18h11 #128039Lancelot
ParticipantTout a cliniquement commencé en mars 2016 , par une coloration un peu rosâtre de mes urines du matin, j'avais eu un ami soigné récemment pour un calcul rénal qui avait eu le même symptôme , j'ai donc attendu quelques jours pour voir si cela se reproduisait et je me suis rassuré assez vite pour retourner à mes préoccupations professionnelles.
Le deuxième signal s'est produit en mai, inflammation du testicule gauche. Là, j'ai consulté au bout d'une semaine sans changement , légèrement inquiet. Mon médecin "de famille", habitué à ce que je le consulte pour des certificats médicaux de semi marathon ou de marathon , ne s'est pas inquiété davantage et m'a prescrit une échographie que j'ai faite avec le résultat suivant : "absence de signe d'une atteinte infectieuse ou tumorale, pas d'autre anomalie détectable". J'ai donc fait une petite cure d'antiobiotiques "au cas où" et nous avons convenu de nous vers le 10 juillet car le mois de juin est toujours un moment intense de mon année professionnelle .
Début juillet, le testicule est presque revenu à l'état normal et n'est pas douloureux, mon médecin me demande de consulter sans urgence un urologue , à mon retour de vacances pour évacuer toutes les incertitudes.
A la mi-juillet, de retour d'un week-end avec environ 800 km de trajet en voiture, je constate juste avant de prendre l'avion le lendemain , que j'ai une petite raideur sur le flanc gauche . En palpant , je sens une surface dure. J'en conclus à un peu de tension musculaire abdominale due à une position de conduite prolongée… et je prends quelques heures plus tard l'avion pour la Crête.
Mes enfants ont tous réussi leur année scolaire . Mon divorce est terminée dans des conditions correctes. Ma nouvelle compagne est aussi enthousiasmée que moi par ce séjour , prélude d'une nouvelle page de vie…
12 septembre 2018 à 18h17 #128040Lancelot
Participant"nous avons convenu de nous retrouver"
"Mon divorce s'est achevé"
15 octobre 2018 à 0h41 #128071Lancelot
ParticipantJe me laisse très vite entraîner par le tourbillon des vacances. Nous enchaînons les activités et les découvertes en faisant le tour de la Crête en voiture.
J'en ai presque oublié la grosseur qui est sur mon ventre. Elle n'est pas douloureuse et elle ne grossit pas , il faudra que je consulte en rentrant.
Mais je trouve quand même les journées longues . Je mets ma lassitude sur le compte des journées chargées , de la chaleur et de la route.
Il y a des jours où ça va mieux. Une longue randonnée d'une journée en remontant une gorge magnifique me redonne un moral d'enfer. Cette grosseur ne doit pas être quelque chose de bien grave. Je me masse quand même le flanc gauche de plus en plus souvent. Je nage moins longtemps qu'avant et je saisis toutes les occasions pour me reposer. Mais je ne veux pas gâcher ces premières vacances de ma nouvelle vie de couple.
Ma compagne commence quand même à s'apercevoir de ma baisse d'activité. Je vois arriver la fin de la deuxième semaine de vacances et la perspective du retour avec un certain soulagement. Je n'arrive toujours pas à envisager que cette grosseur puisse être qulque chose de grave. En plus , c'est dans la région du côlon…
Impensable que je puisse avoir le même cancer que mon ex femme que j'ai accompagnée pendant six ans avant qu'elle me quitte une fois en rémission. C'est forcément bénin, on ne peut pas se trouver deux fois de suite dans une situation aussi grave, qui a tellement fait de mal à mon premier couple.
Au moment de monter dans l'avion de retour, ma compagne finit par m'avouer qu'elle est très inquiète et que n'arrivant pas à me convraincre de consulter en Crête, elle a prévenu ma fille aînée , interne en médecine, pour qu'elle prévoit un scanner abdominal le plus tôt possible à notre arrivée à Paris.
24 octobre 2018 à 21h42 #128096Lancelot
ParticipantLe résultat du premier scanner est effroyable, une très grosse tumeur cancéreuse est identifiée et la douleur est croissante.
Un scanner d'extension thoracique révèle des métastases pulmonaires nombreuses.
Une scintigraphie osseuse sans aucune atteinte est la première bonne nouvelle de la semaine.
Je suis en état de sidération totale et ne réalise absolument pas ce que veut dire le mot cancer métastatique.
La douleur nécessite une intervention rapide. On est au début du mois d'août et je n'ai pas le choix du chirurgien ni de l'hôpital. Il faut que lon m'enlève ça le plus vite possible pour me soulager.
Après un entretien avec un jeune chirurgien urologue, je suis rassuré sur la relative simplicité de l'opération malgré la grosseur de la tumeur. Il ne s'agit que d'une ablation du rein dans un premier temps, un oncologue de l'hôpital prendra ensuite le relais . Après une attente d' une journée interminable, le chirurgien me rappelle et m'annonce mon hospitalisation le lendemain après-midi. Il doit partir en vacances en fin de semaine et son planning est plein mais il a trouvé une solution.
Je suis opéré aux urgences de l'hôpital régional le 10 août 2016.
On m'a raconté que l'opération a duré plus de huit heures, l' éxérèse totale du rein gauche a été élargie à la surrénale et à 20 cm de côlon en raison d'un début d'occlusion intestinale causé par l'extension des métastases jusqu'au rectum.
Un chirurgien spécialisé en digestif a pris le relais pendant une partie de l'intervention pour mettre en place une colostomie et le chirurgien urologue aidé de son chef de service a terminé l'opération.
Le curage n'a pas pu être total en raison du nombre des lésions mais le maximum a été fait.
Quand je me réveille, je suis prisonnier d'un réseau de sondes et de perfusion. Je suis complètement hébété et écoute les informations qui me sont transmises sans réagir.
Ma compagne et ma fille m'ont raconté plus tard leur surprise face à mon absence de réaction quand le chirurgien a fait son compte-rendu oral de l'opération et a annoncé la colostomie, avant d'annoncer que dans une dizaine de jours je serai sur pied et que ses collègues du service assureront le suivi.
Je suis soulagé, je n'ai plus mal , je suis vivant, je suis bien entouré, je peux me rendormir.
24 octobre 2018 à 21h47 #128097Lancelot
Participantperfusions
24 octobre 2018 à 22h10 #128098Lancelot
ParticipantC'est la douleur qui me réveille. L'anesthésiste m'avait promis une pompe à morphine que je pourrais actionner à volonté. L'infirmière de service confirme que l'anesthésiste qui a suivi mon opération n'est pas celui qui m'a reçu et qu'il préfère proportionner les quantités d'antalgique à la douleur réelle pour accélérer la reprise des fonctions vitales.
Je dois indiquer mon niveau de douleur sur une échelle de un à dix et les infirmières me soulageront quand j'en ferai la demande.
Le problème est que je suis attaché sur le dos avec un pansement qui me coupe en deux . Je peux à peine bouger avec les deux perfusions sur chacun des bras, la sonde urinaire qui ne sert à rien et la sonde nasale qui m'immobilise la tête. La première journée et surtout la première nuit sont des moments de souffrance intense où je passe mon temps à essayer d'obtenir le maximum d'antalgiques. La souffrance n'arrête quelques heures que pour recommencer de plus belle.
Et le week-end qui suit est un tunnel de souffrance et d'inconscience.
24 octobre 2018 à 22h21 #128099Lancelot
ParticipantC'est le quinze août. Ma compagne et ma fille aînée sont là. On a l'impression d'être seuls dans l'hôpital. Il n'y que le bruit lançinant des sonneries des malades qui résonnent pendant de longues minutes. Mes proches réussissent à trouver l'infirmière de garde qui finit par me faire des perfusions de morphine. Le problème est qu'il faut les renouveller 24H sur 24H .Les nuits sont très très longues quand on n'arrive pas à dormir .
29 novembre 2018 à 11h37 #128158Lancelot
Participantlancinant

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