
Les tumeurs du rein
Types de cancer du rein
La plupart des tumeurs du rein se développent dans le parenchyme rénal, partie du rein qui assure la fonction rénale.
Le carcinome à cellules claires est le cancer du rein le plus fréquent (70% des cas).
- Tumeurs, cancers et métastases :
Tous les organes peuvent être à l’origine de cancers, mais la fréquence comme l’âge de survenue et les facteurs de risque sont très différents d’un organe à l’autre. La survenue d’un cancer au sein d’un tissu normal est responsable initialement d’une tumeur (grosseur) localisée. Cette tumeur va, en l’absence de traitement grossir, envahir les organes avoisinant et potentiellement envoyer des cellules cancéreuses dans la circulation (« métastases »), qui vont pouvoir se développer dans des organes situés à distance.
On distingue donc classiquement 3 stades dans la survenue d’un cancer :
- Le stade localisé, où la tumeur reste à l’intérieur de l’organe d’origine
- Le stade localement avancé, où la tumeur franchit l’enveloppe de cet organe
- Enfin le stade de métastases, où des tumeurs se développent au sein d’autres organes (poumon, foie, os, cerveau etc….). Chaque métastase est issue de la tumeur d’origine et garde les caractéristiques de cet organe. Ainsi, des métastases au poumon sont très différentes selon qu’elles proviennent d’un cancer du rein, de la prostate ou du colon par exemple, justifiant des traitements potentiellement très différents.
La classification internationale TNM 2009 (pour Tumor, Node, Metastasis) se réfère à la taille tumorale, l’envahissement veineux, le franchissement de la capsule rénale, l’envahissement surrénalien, les adénopathies et les métastases à distance. Elle permet de différencier les formes localisées, sans métastase et les formes disséminées :
T – TUMEUR PRIMITIVE
- TX : Renseigements insuffisants pour classer la tumeur primitive
- T0 : Pas de signe de tumeur primitive
- T1 : Tumeur intrarénale (limitée au rein) inférieure ou égale à 7 cm dans son plus grand diamètre
- T1a : tumeur inférieure ou égale à 4 cm
- T1b : tumeur supérieure à 4 cm et inférieure ou égale à 7 cm
- T2 : Tumeur intrarénale de plus de 7 cm dans son plus grand diamètre, limitée au rein
- T2a : tumeur de plus de 7 cm et inférieure ou égale à 10 cm
- T2b : tumeur supérieure à 10 cm, limitée au rein
- T3 :Tumeur étendue aux veines majeures ou aux tissus périrénaux mais sans envahissement de la glande surrénale ipsilatérale ni dépassement du fascia de Gérota
- T3a : tumeur macroscopiquement étendue à la veine rénale ou à ses branches segmentaires (contenant des muscles) ou tumeur envahissant la graisse péri rénale et/ou le tissu adipeux du sinus rénal (hile rénal) mais sans dépassement du fascia de Gérota
- T3b : tumeur macroscopiquement étendue à la veine cave au-dessous du diaphragme
- T3c : tumeur macroscopiquement étendue à la veine cave au-dessus du diaphragme ou envahissant la paroi de la veine cave
- T4 : Tumeur étendue au-delà du fascia de Gérota (y compris l’extension par contiguïté à la glande surrénale ipsilatérale)
N – ADENOPATHIES REGIONALES
- NX : Renseignements insuffisants pour classer l’atteinte des ganglions lymphatiques
- N0 : Pas d’atteinte des ganglions lymphatiques régionaux
- N1 : Atteinte d’un seul ganglion lymphatique régional
- N2 : Atteinte de plus d’un ganglion lymphatique régional
M – METASTASES A DISTANCE
- M0 : pas de métastase
- M1 : métastase à distance
Parallèlement, le grade de Fuhrman est utilisé pour caractériser la tumeur : ce système de notation décrit la différence entre les cellules cancéreuses et les cellules normales du rein. Plus elles sont différentes et plus la tumeur est agressive : le grade 1 est utilisé pour qualifier des cellules tumorales assez ressemblantes aux cellules normales. à l’inverse, le grade 4 caractérise les cellules très différentes qui se divisent rapidement.
- Les différentes tumeurs du rein :
Le diagnostic de cancer repose d’abord sur l’analyse de la tumeur, par le biais d’un examen anatomo-pathologique. Cet examen consiste, à partir d’un prélèvement de tumeur (« biopsie ») fait avant ou pendant une intervention, à mettre en évidence les cellules cancéreuses. L’identification du « type histologique » est essentielle, car le traitement peut être différent selon le type histologique du cancer du rein. Depuis peu, des marqueurs immunohistochimiques sont utilisés pour compléter le diagnostic. Lors de récidives du cancer, il est important de renouveler cette analyse pour vérifier s’il s’agit du même type histologique que la tumeur primaire.
La plupart des tumeurs du rein se développent dans le parenchyme rénal. Les cellules de différentes régions du néphron vont donner des tumeurs différentes quant à leur nature. Les tumeurs des cavités du rein (bassinet, calices) sont des lésions différentes des tumeurs du rein.
Une tumeur du rein est représentée par une « grosseur » anormale sur le rein.
- Certaines tumeurs du rein sont « bénignes », c’est par exemple le cas des oncocytomes, des adénomes papillaires et des angiomyolipomes (tumeurs graisseuses mésenchymateuses). Bien qu’elles soient bénignes, sans risque de métastases à distance, ces tumeurs nécessitent parfois leur ablation, et le recours à un spécialiste est indispensable dans tous les cas.
- Parmi les tumeurs malignes (c’est-à-dire cancéreuses), les carcinomes à cellules rénales (CCR) représentent environ 85% des cancers du rein de l’adulte (ce nom vient de l’aspect très particulier des cellules visibles au microscope). Le carcinome rénal à cellules claires est le plus fréquent (70% à 80% des cas), on trouve également des tumeurs tubulopapillaires ou papillaires (10 à 15%), des carcinomes à cellules chromophobes (3 à 5%), des carcinomes de Bellini. D’autres types histologiques et de nombreux sous-types histologiques constituent les 15% restants (formes plus exceptionnelles).
Grâce à l’émergence des marqueurs issus de la biologie moléculaire et de la cytogénétique, de nouvelles entités ont été individualisées au sein de la classification OMS 2004 des tumeurs rénales.
Traduction de la classification OMS 2004 des tumeurs rénales (Guide ALD Cancer du rein de l’adulte, HAS, INCa, juin 2010).
Carcinome rénal familial
Tumeurs à cellules rénales
- Bénignes
- Adénome papillaire
- Oncocytome
- Malignes
- Carcinome à cellules claires
- Carcinome kystique multiloculaire à cellules claires
- Carcinome papillaire du rein
- Carcinome chromophobe du rein
- Carcinome des tubes collecteurs de Bellini
- Carcinome médullaire du rein
- Carcinome avec translocation Xp11
- Carcinome associé au neuroblastome
- Carcinome fusiforme tubuleux et mucineux
- Carcinome inclassé
Tumeurs métanéphriques
- Adénome métanéphrique
- Adénofibrome métanéphrique
- Tumeur stromale métanéphrique
Tumeurs mixtes épithéliales et mésenchymateuses
- Néphrome kystique
- Tumeur mixte épithéliale et stromale
- Sarcome synovial
Tumeurs néphroblastiques
- Restes néphrogéniques
- Néphroblastome
- Néphroblastome cystique partiellement différencié
Tumeurs neuro-endocrines
- Tumeur carcinoïde
- Carcinome neuroendocrine
- Tumeur primitive neuroectodermique
- Neuroblastome
- Phéochromocytome
Autres tumeurs
- Tumeurs mésenchymateuses
- Tumeurs hématopoïétiques et lymphoïdes
- Tumeurs germinales
- Tumeurs métastatiques
Dernière mise à jour le vendredi 06 février 2026